En mars 2020, le score de Martine Aubry atteint 36,0 % dans le quart des bureaux lillois où la proportion de logements HLM est la plus élevée. Dans le quart où elle est la plus faible, il ne dépasse pas 25,1 %. À l’inverse, la liste de la maire socialiste recueille 37,5 % des suffrages dans les bureaux les moins dotés en diplômé·es du supérieur, contre 25,8 % dans les plus diplômés. Deux écarts de près de douze points, mesurés à partir des mêmes 126 bureaux. Ils résument une ligne de fracture sociale durable, sans qu’il soit nécessaire d’attribuer un vote à une catégorie d’habitants.
C’est à partir de cette opposition que nous avons étudié les municipales de 2014 et 2020 à Lille, en croisant les résultats de premier tour avec dix-neuf indicateurs territoriaux : professions, diplômes, chômage, pauvreté, logement, âge, ancienneté résidentielle et motorisation. Le résultat n’est pas un portrait-robot de la personne qui glisse un bulletin Aubry dans l’urne. C’est une sociologie des lieux où sa liste recueille davantage ou moins de voix : la seule échelle que ces données agrégées permettent d’établir.
La comparaison renverse plusieurs idées reçues. En 2014 comme en 2020, le score d’Aubry est plus élevé dans les bureaux socialement populaires, particulièrement ceux où le logement social et les catégories salariées d’exécution sont davantage présents. Mais en 2020, la relation avec la précarité de l’emploi change de signe. Le poids des retraité·es se distingue de celui des personnes âgées. Et les quartiers où s’installent davantage de nouveaux ménages deviennent nettement moins favorables à la liste socialiste, selon le référentiel utilisé par les rapports.
Une géographie sociale du vote, pas une photographie des électeurs
Les deux documents Convaincre portent sur les premiers tours des municipales, le 23 mars 2014 et le 15 mars 2020. Chacun analyse 126 bureaux, comprenant des lieux de vote désignés Lille, Lomme et Hellemmes. Les scores étudiés sont ceux de la liste conduite par Martine Aubry, pas ceux de l’ensemble des candidatures de gauche. La distinction est essentielle : en 2014, une liste écologiste autonome recueille 11,1 % dans la synthèse ; en 2020, celle de Stéphane Baly atteint 24,5 %.
Chaque rapport répartit les bureaux selon un indicateur social, puis compare le score d’Aubry dans les 25 % de bureaux où cet indicateur est le plus faible avec les 25 % où il est le plus élevé. L’écart publié se mesure en points de pourcentage de suffrages exprimés. Il ne donne pas la proportion de cadres, de locataires ou de chômeurs qui auraient personnellement voté pour elle.
Autre réserve décisive : les dix-neuf valeurs sociologiques projetées sont les mêmes dans les rapports 2014 et 2020. Elles servent de grille sociale de référence commune. Il est donc possible d’étudier les changements d’association entre résultats électoraux et caractéristiques territoriales, mais pas d’affirmer que les quartiers sont devenus plus pauvres, plus diplômés ou plus précaires entre les deux dates. Pour cela, il faudrait deux millésimes INSEE autonomes et harmonisés.
Ce que mesurent les rapports, et ce qu’ils ne mesurent pas
| Mesure | Interprétation possible | Interprétation interdite |
|---|---|---|
| Écart entre quartiles | Différence de score entre bureaux de profils sociaux contrastés | Part des personnes du groupe ayant voté Aubry |
| Corrélation de Spearman | Association entre rang des bureaux et rang du score | Lien de causalité |
| Effet partiel Ridge | Association résiduelle une fois les autres variables du modèle intégrées | Preuve du comportement individuel |
| Comparaison 2014-2020 | Variation des associations sur un référentiel social fixe | Évolution démographique réelle de Lille |
Le logement HLM, marqueur le plus régulier de l’implantation socialiste
En 2014, le score d’Aubry passe de 30,5 % dans le quart des bureaux les moins dotés en logements HLM à 41,1 % dans le quart le plus doté, soit +10,6 points. En 2020, le contraste reste presque identique : 25,1 % contre 36,0 %, soit +11,0 points. Les pourcentages absolus ont baissé, mais la différence entre territoires demeure.
Vote Aubry et habitat social : scores dans les quartiles extrêmes
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| Année et quartile | Score Aubry (%) |
|---|---|
| 2014 HLM faibles | 30,5 |
| 2014 HLM élevés | 41,1 |
| 2020 HLM faibles | 25,1 |
| 2020 HLM élevés | 36,0 |
Ce contraste ne constitue pas une preuve de « vote HLM » individuel. Mais sa permanence est significative : les quartiers où l’habitat social est fortement représenté restent, relativement à ceux où il l’est peu, des espaces de score supérieur pour la liste Aubry.
Le détail statistique invite même à la prudence. En 2020, le coefficient de corrélation de Spearman entre proportion de HLM et score Aubry est de +0,62, contre +0,56 en 2014 : l’association territoriale est nette. Pourtant, l’effet partiel Ridge passe de +0,5 à −0,1 point par écart-type après prise en compte des autres indicateurs. Le logement social concentre plusieurs caractéristiques qui se recouvrent : catégories socioprofessionnelles, diplôme, pauvreté, chômage. Le modèle multivarié ne permet donc pas d’affirmer que le statut HLM possède, à lui seul, un effet propre positif.
C’est précisément la différence entre une description géographique utile et une explication causale prématurée.
Ouvriers, employés, cadres : une hiérarchie sociale toujours visible
La division est aussi lisible dans la structure des professions. En 2014, le score d’Aubry est supérieur de 8,9 points dans les bureaux comptant le plus d’ouvrier·ères par rapport à ceux qui en comptent le moins ; l’écart atteint 10,1 points en 2020. Pour les employé·es, il passe de +8,2 à +10,7 points.
Le mouvement inverse apparaît du côté des cadres : −9,7 points en 2014, puis −10,5 points en 2020. À l’intérieur de la même ville, les bureaux les plus dotés en cadres enregistrent en moyenne des scores socialistes nettement plus faibles que ceux où cette catégorie est moins présente.
Catégories socioprofessionnelles : écarts de score Aubry entre quartiles
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| Indicateur | 2014 (pts) | 2020 (pts) |
|---|---|---|
| Ouvrier·ères | 8,9 | 10,1 |
| Employé·es | 8,2 | 10,7 |
| Cadres | -9,7 | -10,5 |
| Professions intermédiaires | -3,9 | -2,6 |
| Artisans et commerçant·es | -2,3 | -3,0 |
La corrélation de rang confirme cette géographie. Pour les ouvriers, le coefficient de Spearman passe de +0,53 en 2014 à +0,66 en 2020 ; pour les employés, de +0,46 à +0,64. Pour les cadres, il évolue de −0,42 à −0,56. Ces variations indiquent que le classement des bureaux selon leurs caractéristiques socioprofessionnelles et leur score Aubry présente en 2020 une association plus marquée qu’en 2014.
Il serait pourtant erroné d’en déduire que les ouvriers auraient individuellement renforcé leur soutien à Aubry. Une corrélation entre bureaux ne dit rien de la manière dont chaque groupe vote à l’intérieur de ces bureaux. Elle peut aussi être influencée par la participation, les autres candidatures et la concentration géographique des groupes sociaux.
Le diplôme, une frontière plus nette encore en 2020
En 2014, la liste Aubry obtient 40,8 % des exprimés dans le quart des bureaux présentant la plus faible proportion de diplômé·es du supérieur, contre 31,4 % dans le quart supérieur : −9,5 points selon le calcul du rapport. En 2020, le contraste passe de 37,5 % à 25,8 %, soit −11,7 points. Il s’agit du contraste social négatif le plus marqué pour la liste Aubry dans la synthèse de 2020.
Le coefficient de Spearman correspondant passe de −0,49 à −0,69. Cela signale une relation particulièrement régulière entre le classement des bureaux par proportion de diplômé·es du supérieur et leur classement par score de la liste socialiste en 2020. Dans le modèle Ridge, l’association résiduelle demeure négative, passant de −0,9 à −1,7 point par écart-type.
La comparaison avec l’écologie politique éclaire le paysage électoral, sans prouver de transfert d’électeurs. En 2014, la liste écologiste de Lise Daleux présente un écart positif de +4,0 points selon les mêmes quartiles de diplôme supérieur ; en 2020, celle de Stéphane Baly atteint +10,2 points. Le contraste entre les deux listes est donc particulièrement fort en 2020 : Aubry est en retrait relatif dans les bureaux les plus diplômés, Baly y réalise des scores supérieurs.
Diplôme supérieur : deux sensibilités de gauche, deux géographies
| Scrutin et candidature | Écart de score entre quartiles de diplôme |
|---|---|
| 2014 — Martine Aubry | −9,5 pts |
| 2014 — Lise Daleux (écologistes) | +4,0 pts |
| 2020 — Martine Aubry | −11,7 pts |
| 2020 — Stéphane Baly (écologistes) | +10,2 pts |
Ce n’est donc pas seulement une opposition entre gauche et droite qui apparaît. La compétition se joue aussi entre deux offres de gauche socialement et territorialement différenciées, dans le contexte particulier de chacune des deux élections. Une analyse des reports de voix nécessiterait des données individuelles ou des méthodes spécifiques assorties d’importantes incertitudes.
Pauvreté et chômage : un lien qui ne raconte pas toute la précarité
En 2014, le score d’Aubry est supérieur de 10,1 points dans les bureaux du quart supérieur de pauvreté. En 2020, cet écart demeure positif, mais se réduit à +5,9 points. Pour le chômage, il passe de +9,0 à +6,5 points. Dans les deux cas, la liste conserve une surperformance territoriale dans les bureaux les plus marqués par ces difficultés, mais le contraste se resserre.
Le cas de l’emploi précaire est différent : l’association change de signe. Dans le quart des bureaux où la part des emplois précaires est la plus élevée, le score Aubry est supérieur de 3,1 points au quart inférieur en 2014. En 2020, il lui est inférieur de 3,2 points. L’écart entre les deux observations atteint 6,3 points.
Conditions économiques : la relation au vote Aubry n’évolue pas uniformément
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| Indicateur | 2014 (pts) | 2020 (pts) |
|---|---|---|
| Taux de pauvreté | 10,1 | 5,9 |
| Taux de chômage | 9,0 | 6,5 |
| Emplois précaires | 3,1 | -3,2 |
| Inégalités D9 sur D1 | -5,7 | -9,6 |
Un taux élevé de pauvreté, un taux élevé de chômage et une part élevée d’emplois précaires ne décrivent pas nécessairement les mêmes quartiers ni les mêmes trajectoires sociales. Ils ne doivent pas être traités comme un indicateur unique de « difficultés sociales ». En 2020, l’association au chômage et à la pauvreté reste positive, tandis que celle aux emplois précaires devient légèrement négative. Ce résultat empêche de résumer le vote Aubry à une simple ligne « pauvres contre riches ».
Le rapport interdécile D9/D1, qui mesure l’écart entre le haut et le bas de la distribution des revenus, apporte une autre nuance. Le score Aubry est inférieur de 5,7 points dans les bureaux du quart le plus élevé en 2014, puis de 9,6 points en 2020. Une forte dispersion des revenus n’est pas la même chose qu’un fort taux de pauvreté : un territoire peut être pauvre mais relativement homogène, ou combiner des ménages de niveaux de vie très différents.
La comparaison des modèles invite, ici encore, à ne pas surinterpréter. Pour la pauvreté, l’effet partiel Ridge de la liste Aubry passe de +1,7 point par écart-type en 2014 à −0,1 en 2020, tandis que l’association simple entre quartiles reste positive. Une part de cette relation reflète donc des caractéristiques sociales corrélées entre elles.
Locataires du privé, nouveaux habitants : la fracture résidentielle
Le mode d’habiter éclaire un autre aspect de la répartition des votes. En 2014, la différence de score Aubry entre les bureaux où les locataires du parc privé sont les plus nombreux et ceux où ils sont les moins nombreux atteint −4,4 points. En 2020, elle descend à −9,1 points. Le contraste est donc plus du double.
La présence de ménages récemment installés est associée à un écart du même ordre : −4,7 points en 2014, puis −8,9 en 2020. Le coefficient de Spearman correspondant évolue de −0,28 à −0,59. Les bureaux où la proportion d’installations récentes est plus forte présentent, en 2020, un classement nettement moins favorable à la liste Aubry.
Habitat et mobilité résidentielle : écarts de score Aubry
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| Indicateur | 2014 (pts) | 2020 (pts) |
|---|---|---|
| Logements HLM | 10,6 | 11,0 |
| Locataires du privé | -4,4 | -9,1 |
| Propriétaires | -7,7 | -2,3 |
| Installation récente | -4,7 | -8,9 |
| Ménages sans voiture | 1,7 | -4,1 |
| Deux voitures ou plus | -2,1 | 3,6 |
On peut formuler une hypothèse : les espaces marqués par une résidence plus ancienne et le logement social constitueraient des lieux d’implantation politique relativement plus favorables à la liste socialiste que certains espaces de mobilité résidentielle ou de location privée. Mais l’ancienneté résidentielle ne mesure ni la fidélité partisane ni la durée du vote d’un ménage. Les deux rapports n’observent aucune trajectoire individuelle.
L’exemple de la motorisation montre, lui aussi, pourquoi une lecture automatique serait trompeuse. L’association entre le score Aubry et les ménages sans voiture passe de +1,7 à −4,1 points ; celle avec les ménages possédant au moins deux voitures passe de −2,1 à +3,6 points. Le nombre de voitures dépend du revenu, mais aussi de la forme urbaine, de la composition des ménages et de la desserte en transports. Il ne constitue pas un substitut fiable à la classe sociale.
Retraité·es et personnes âgées : deux réalités à ne pas confondre
Les indicateurs d’âge introduisent un paradoxe apparent. En 2014, les bureaux où la part des retraité·es est élevée ne donnent pas un score sensiblement différent à Aubry : +0,1 point entre quartiles. En 2020, le différentiel atteint +5,1 points. Pourtant, le contraste selon la proportion d’habitant·es de 65 ans ou plus passe, lui, de −5,2 points à seulement −0,5 point.
Ces deux variables ne décrivent pas exactement la même population. Le statut de retraité peut commencer avant 65 ans ; toutes les personnes de plus de 65 ans n’ont pas nécessairement le même parcours professionnel, le même statut résidentiel ou les mêmes ressources. Les effets de leur répartition spatiale peuvent donc diverger.
Les bureaux où les enfants de 0 à 5 ans sont les plus représentés donnent aussi des scores plus élevés à la liste Aubry : +7,3 points en 2014 et +8,5 en 2020. Cela ne veut évidemment pas dire que les enfants votent. Cet indicateur décrit la composition démographique des zones, souvent liée à des formes particulières d’habitat et de ménage.
2020 : baisse du score, effondrement de la participation et concurrence à gauche
Les résultats officiels du ministère de l’Intérieur replacent cette géographie sociale dans le contexte électoral. Au premier tour de 2014, la liste Aubry recueille 19 422 voix et 34,85 % des exprimés. En 2020, elle n’obtient plus que 11 832 voix et 29,80 %. La différence atteint 7 590 voix et environ cinq points de suffrages exprimés.
Mais la participation officielle chute elle aussi : de 47,44 % au premier tour de 2014 à 32,62 % en 2020, soit −14,82 points. Les deux années ne réunissent donc ni le même nombre de votants ni forcément la même composition d’électeurs effectifs. Le premier tour de 2020 a en outre lieu au début de l’épidémie de Covid-19.
Premier tour : scores, voix et participation de la liste Aubry
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| Année | Score Aubry (%) | Participation (%) |
|---|---|---|
| 2014 | 34,85 | 47,44 |
| 2020 | 29,80 | 32,62 |
Résultats officiels et participation : premier tour
| Indicateur | 2014 | 2020 |
|---|---|---|
| Voix Martine Aubry | 19 422 | 11 832 |
| Score dans les exprimés | 34,85 % | 29,80 % |
| Inscrits | 120 970 | 124 454 |
| Votants | 57 394 | 40 592 |
| Participation | 47,44 % | 32,62 % |
| Abstention | 52,56 % | 67,38 % |
La concurrence écologiste change également de dimension : la liste de Lise Daleux recueille 11,08 % au premier tour de 2014, celle de Stéphane Baly 24,53 % en 2020. On ne peut pas déduire de ces variations que les électeurs perdus par Aubry se seraient reportés vers Baly. Les années, les listes et le corps des votants changent. Mais les profils territoriaux contrastés des listes montrent que la sociologie électorale d’une ville de gauche ne se résume pas à un seul électorat homogène.
Ce point est important : les résultats de 2020 ne permettent pas seulement d’observer une évolution de la liste socialiste. Ils rendent plus visible la concurrence de plusieurs offres politiques dans les secteurs urbains fortement diplômés, parmi les locataires du privé et dans les espaces d’installation récente. Les données indiquent une différenciation territoriale, sans identifier le cheminement personnel d’un seul électeur.
Ce que six années de données permettent de conclure
Le portrait qui se dégage est précis, mais il n’est pas un portrait individuel. Dans les 126 bureaux étudiés, la liste de Martine Aubry réalise, en 2014 comme en 2020, des scores relativement plus élevés dans les zones où se concentrent logements HLM, ouvriers et employés ; elle présente une association négative avec les bureaux les plus diplômés et les plus riches en cadres. Ces clivages de classement s’accentuent sur plusieurs variables en 2020.
Il faut cependant résister à une conclusion trop simple. L’association à la précarité de l’emploi change de signe ; celle à la pauvreté s’affaiblit ; les retraités et les plus de 65 ans ne présentent pas la même évolution ; les locataires du privé et les ménages récemment installés sont associés à une baisse relative marquée du score socialiste. Enfin, le contraste avec les listes écologistes révèle des géographies différentes au sein même des électorats possibles de gauche.
Le résultat central n’est donc pas qu’Aubry aurait un « électeur type », mais que sa liste conserve un ancrage territorial socialement structuré, tandis que les lignes de différenciation entre quartiers se déplacent. Les données permettent d’identifier ces oppositions, de les chiffrer et de formuler des hypothèses. Elles ne permettent ni de décrire les caractéristiques des personnes ayant effectivement voté pour elle, ni de savoir lesquelles ont changé de bulletin entre 2014 et 2020.
Pour franchir cette étape, il faudrait croiser des enquêtes individuelles représentatives, des séries INSEE datées et des résultats électoraux par bureau harmonisés. En attendant, l’étude des bureaux rappelle une vérité méthodologique simple : la ville sociale et la ville électorale se répondent, mais elles ne se confondent pas.
Les dix-neuf indicateurs : les données comparables
Le tableau suivant reprend, pour chacun des dix-neuf indicateurs, la différence de score Aubry entre le quart supérieur et le quart inférieur des bureaux. Le signe positif signifie que le score de la liste est supérieur dans les bureaux où l’indicateur est le plus élevé ; le signe négatif indique l’inverse. Il ne s’agit jamais du taux de participation ou du vote propre aux individus appartenant à cette catégorie.
Les 19 écarts sociologiques publiés pour Martine Aubry
| Indicateur | 2014 (points) | 2020 (points) |
|---|---|---|
| Ouvrier·ères | +8,9 | +10,1 |
| Employé·es | +8,2 | +10,7 |
| Professions intermédiaires | -3,9 | -2,6 |
| Cadres | -9,7 | -10,5 |
| Artisans et commerçant·es | -2,3 | -3,0 |
| Retraité·es | +0,1 | +5,1 |
| 65 ans ou plus | -5,2 | -0,5 |
| 0 à 5 ans | +7,3 | +8,5 |
| Taux de chômage | +9,0 | +6,5 |
| Emplois précaires | +3,1 | -3,2 |
| Taux de pauvreté | +10,1 | +5,9 |
| Rapport interdécile D9/D1 | -5,7 | -9,6 |
| Logements HLM | +10,6 | +11,0 |
| Propriétaires | -7,7 | -2,3 |
| Locataires du privé | -4,4 | -9,1 |
| Ménages sans voiture | +1,7 | -4,1 |
| 2 voitures ou plus | -2,1 | +3,6 |
| Installation récente | -4,7 | -8,9 |
| Diplôme supérieur | -9,5 | -11,7 |
