Trente jours de sondages ont installé une image apparemment simple : Marine Le Pen domine très largement les simulations de premier tour de la présidentielle de 2027. Mais septembre ne confirme pas, à lui seul, l’existence d’un nouveau mouvement électoral de même ampleur. Dans les enquêtes publiées entre le 1er et le 30 septembre, la première place est stable. Le véritable sujet de concurrence est ailleurs : qui peut arriver deuxième, et dans quelle configuration de candidatures ?
La lecture du mois exige une précaution initiale. Un institut qui teste Édouard Philippe et Gabriel Attal ensemble ne mesure pas le même scénario qu’un autre qui n’en retient qu’un. De même, remplacer Raphaël Glucksmann par Olivier Faure ou François Hollande ne permet pas de calculer mécaniquement des reports de voix. Les douze enquêtes identifiées, réalisées par six instituts, constituent donc un corpus documentaire, pas douze mesures strictement interchangeables.
Le fait marquant est moins la variation de tel candidat de quelques dixièmes qu’un contraste répété : le Rassemblement national conserve une position de force, tandis que la qualification potentielle pour le second tour dépend fortement de la fragmentation du centre et des candidatures testées à gauche. Les données permettent de décrire ce problème. Elles ne permettent ni d’annoncer la finale de 2027 ni d’en prédire le vainqueur.
1. La photographie de septembre : une première place, plusieurs deuxièmes
Le 30 septembre, l’Ifop-Fiducial publie une enquête réalisée du 25 au 29 septembre auprès de 1 393 électeurs inscrits, extraits de 1 527 adultes. Dans le scénario où Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Gabriel Attal sont simultanément présents, Marine Le Pen atteint 32 %, contre 16 % pour Édouard Philippe, 15 % pour Jean-Luc Mélenchon et 11 % pour Raphaël Glucksmann. Ces chiffres décrivent les suffrages exprimés dans une seule hypothèse, avec une base effective de 1 027 répondants. Ils n’équivalent pas à une intention de vote de l’ensemble des personnes inscrites. S12.
Graphique 1 · Premier tour : les cinq premières candidatures
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| Candidature | Intentions (%) |
|---|---|
| Le Pen | 32 |
| Philippe | 16 |
| Mélenchon | 15 |
| Glucksmann | 11 |
| Attal | 8 |
Lecture : Ce graphique porte sur une seule hypothèse. Le tableau restitue tous les autres candidats, sans transformer ce scénario en moyenne des enquêtes. Consulter la notice.
Photographie complète du 30 septembre
| Candidat | Intentions |
|---|---|
| Marine Le Pen | 32 % |
| Édouard Philippe | 16 % |
| Jean-Luc Mélenchon | 15 % |
| Raphaël Glucksmann | 11 % |
| Gabriel Attal | 8 % |
| Bruno Retailleau | 7 % |
| Éric Zemmour | 4 % |
| Marine Tondelier | 3 % |
| Fabien Roussel | 2,5 % |
| Nicolas Dupont-Aignan | 1 % |
| Nathalie Arthaud | 0,5 % |
Le grand baromètre Ipsos bva publié le 13 septembre confirme le caractère dissymétrique du rapport de force. Dans une hypothèse de candidature simultanée de Philippe et d’Attal, Marine Le Pen recueille 33 %, Mélenchon 15,5 %, Philippe 14 %, Glucksmann 11,5 % et Attal 6 %. La base de 9 445 intentions exprimées rend possible une analyse sociologique détaillée, mais ne neutralise ni le redressement des réponses ni l’incertitude propre à chaque scénario. S06.
La hiérarchie derrière Marine Le Pen change selon les enquêtes. Cluster17, dans sa mesure publiée par Politico le 24 septembre, place Mélenchon à 19,1 % et Philippe à 18,8 % lorsqu’ils sont testés avec Glucksmann, contre 30,8 % pour Le Pen. Le faible écart entre les deux premiers challengers dans cette hypothèse ne suffit pas à établir un ordre définitif. Il illustre surtout la proximité de candidats dont les positions varient avec les questionnaires, les bases utiles et les redressements. S10.
2. Qu’est-ce qui a réellement changé depuis août ?
Le meilleur outil pour apprécier un mouvement n’est pas le rapprochement de deux titres de presse : c’est une série répétée avec le même institut, le même scénario et une méthode comparable. La série Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL remplit suffisamment ces conditions pour fournir un point de repère. Elle retient ici cinq figures centrales : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.
Graphique 2 · Quatre vagues Harris comparables
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| Publié | Le Pen (%) | Mélenchon (%) | Philippe (%) | Attal (%) |
|---|---|---|---|---|
| 08/07 | 35 | 16 | 14 | 8 |
| 24/08 | 35 | 16 | 14 | 8 |
| 14/09 | 33 | 16 | 14 | 8 |
| 28/09 | 35 | 17 | 13 | 5 |
Lecture : Les quatre séries de candidatures de la courbe correspondent à la même hypothèse, à des dates différentes. Raphaël Glucksmann figure dans le tableau intégral ci-dessous. Aucune prévision n’est réalisée. Consulter la notice.
Série Harris complète, cinq candidatures
| Publié | Le Pen | Mélenchon | Philippe | Attal | Glucksmann |
|---|---|---|---|---|---|
| 08/07 | 35 % | 16 % | 14 % | 8 % | 10 % |
| 24/08 | 35 % | 16 % | 14 % | 8 % | 10 % |
| 14/09 | 33 % | 16 % | 14 % | 8 % | 9 % |
| 28/09 | 35 % | 17 % | 13 % | 5 % | 10 % |
Dans le scénario où Philippe et Attal concourent tous deux, Marine Le Pen passe de 35 % les 18–19 août à 33 % les 8–10 septembre, puis revient à 35 % les 22–24 septembre. Il serait excessif d’interpréter la vague intermédiaire comme une chute durable, puis la suivante comme une remontée démontrée. La séquence indique d’abord une stabilité autour du milieu de la trentaine. Sur la même période, Mélenchon se situe à 16 %, puis 16 %, puis 17 % ; l’écart d’un point entre les deux derniers terrains reste modeste. S07 ; S11.
La variation la plus visible de cette comparaison courte concerne Gabriel Attal : 8 % le 14 septembre, puis 5 % le 28 septembre dans cette configuration exacte, tandis que Philippe passe de 14 % à 13 %. Cette différence de trois points appelle une vérification aux vagues suivantes, non un diagnostic définitif de décrochage. Elle ne se retrouve pas nécessairement dans les scénarios où Attal est seul représentant du centre. C’est précisément pour cette raison que les séries doivent rester rattachées à leur hypothèse.
Graphique 4 · Variations entre les deux vagues de septembre
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| Candidature | Écart (points) |
|---|---|
| Le Pen | 2 |
| Mélenchon | 1 |
| Philippe | -1 |
| Attal | -3 |
| Glucksmann | 1 |
| Retailleau | 0 |
| Zemmour | 0 |
Lecture : L’écart entre deux estimations ne prouve pas en lui-même une évolution significative. Un graphique divergent distingue simplement les valeurs positives et négatives. Notices Harris de septembre.
Le baromètre Ifop offre un autre repère historique, avec son enquête d’août publiée le 26 août et la sixième vague de septembre. Toutefois, les hypothèses testées ne se superposent pas toutes et la composition des candidatures varie. Il serait méthodologiquement fragile de soustraire leurs valeurs sans sélection rigoureuse des cas identiques. Plutôt que d’inventer une courbe de progression générale, cette édition retient pour l’évolution temporelle la série Toluna Harris, dont les rappels figurent explicitement dans la notice originale. S12.
3. Pourquoi les instituts ne dessinent-ils pas exactement le même second tour ?
Les quatre enquêtes reproduites ci-dessous testent un premier tour où Mélenchon, Glucksmann, Philippe et Attal figurent tous dans la liste des candidatures. C’est l’une des comparaisons transversales les plus lisibles de septembre. Elle n’est pourtant pas parfaitement expérimentale : le libellé des questions, les modalités de réponse, les pondérations, la sélection des personnes considérées comme susceptibles de voter et les dates de terrain ne sont pas uniformes.
Graphique 3 · Écarts entre quatre instituts
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| Institut | Le Pen (%) | Mélenchon (%) | Philippe (%) | Glucksmann (%) |
|---|---|---|---|---|
| Ipsos | 33 | 15.5 | 14 | 11.5 |
| YouGov | 34 | 17 | 12 | 8 |
| Harris | 35 | 17 | 13 | 10 |
| Ifop | 32 | 15 | 16 | 11 |
Lecture : La juxtaposition ne constitue pas une moyenne, ni une série temporelle cohérente. Les scénarios exacts et méthodes doivent être relus dans les notices des instituts.
Dans ces quatre configurations proches, Marine Le Pen est évaluée entre 32 % et 35 %, Mélenchon entre 15 % et 17 %, Philippe entre 12 % et 16 %, Glucksmann entre 8 % et 11,5 %. Ces bornes ne sont ni des intervalles de confiance ni une moyenne : elles ne décrivent que les valeurs publiées dans les enquêtes sélectionnées. Sur la deuxième place, elles dessinent une rivalité réelle entre Mélenchon et Philippe plutôt qu’un ordre indiscutable.
Cette diversité n’autorise pas à déclarer un institut « biaisé ». Ipsos interroge 13 060 inscrits, mais ses intentions de vote ne concernent, selon l’hypothèse, qu’environ 9 000 à 9 400 réponses exploitables. YouGov part de 1 103 adultes, dont 1 008 inscrits ; son scénario de référence repose sur une base pondérée de 646 votants décidés. Ces deux enquêtes ne produisent pas la même précision de mesure, même lorsqu’elles testent des noms identiques. S06 ; S09.
La prudence s’impose aussi à la lecture des tableaux originaux. Dans le document OpinionWay pour Les Échos et Radio Classique du 10 septembre, un tableau présente une inversion manifeste des étiquettes Marine Le Pen et Éric Zemmour, tout en conservant les chiffres attendus sous les mauvaises lignes. Cette anomalie éditoriale n’efface pas l’existence de l’enquête ; en revanche, elle justifie de ne pas construire une visualisation à partir de cette page sans validation croisée. Le corpus la recense, mais les quatre graphiques centraux reposent sur d’autres tableaux contrôlés. S04.
4. Les scénarios de candidature changent la hiérarchie
L’un des enseignements les plus robustes du mois est méthodologique et politique à la fois : les intentions de vote dépendent fortement du nombre de candidatures concurrentes au centre. La sixième vague Ifop-Fiducial en donne une démonstration claire à terrain, institut et questionnaire proches. Édouard Philippe passe de 16 % lorsqu’il est testé avec Attal à 21 % quand il représente seul le bloc central, tandis que Marine Le Pen passe de 32 % à 33 %. Dans la configuration inverse, Attal candidat central unique obtient 15 %. S12.
Graphique 5 · Trois scénarios de candidatures Ifop
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| Candidature | Phil.+Attal | Philippe seul | Attal seul |
|---|---|---|---|
| Le Pen | 32 | 33 | 34 |
| Mélenchon | 15 | 16 | 15 |
| Glucksmann | 11 | 11 | 13 |
Lecture : Les résultats diffèrent selon la présence de Philippe ou d’Attal, mais cela ne mesure pas le transfert de voix d’un individu à l’autre. Le tableau conserve les candidatures absentes de certains scénarios. Consulter la notice.
Trois scénarios Ifop : tous les candidats présentés
| Hypothèse | Le Pen | Mélenchon | Philippe | Attal | Glucksmann | Retailleau |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Philippe + Attal ; Glucksmann | 32 % | 15 % | 16 % | 8 % | 11 % | 7 % |
| Philippe seul ; Glucksmann | 33 % | 16 % | 21 % | Non testé | 11 % | 8 % |
| Attal seul ; Glucksmann | 34 % | 15 % | Non testé | 15 % | 13 % | 10 % |
L’écart observé est une différence entre offres électorales hypothétiques. Il ne signifie pas que cinq points d’électeurs « passent » individuellement d’Attal à Philippe. Pour l’affirmer, il faudrait disposer de données adaptées sur les choix successifs des mêmes répondants et tenir compte de la participation, de l’absence de réponse et des autres candidatures. La seule conclusion soutenable est que la configuration testée modifie fortement le niveau déclaré du candidat central.
La concurrence existe aussi à gauche, mais il faut distinguer deux questions. D’une part, Jean-Luc Mélenchon apparaît dans toutes ces configurations à un niveau relativement élevé, autour de 15 à 17 % chez Ifop en fin de mois. D’autre part, Glucksmann se situe à 11 à 13 % dans les mêmes scénarios, tandis qu’Olivier Faure est mesuré entre 3 et 4 % lorsqu’il remplace Glucksmann. Le changement d’un nom est ici un changement de scénario, pas un sondage sur la fidélité d’un électorat à un parti. S12.
La stabilité du premier bloc et la fragmentation des concurrents peuvent coexister. Le défi de la deuxième place tient moins à un seul chiffre qu’à la relation entre trois paramètres : la candidature retenue au centre, le choix de la candidature socialiste et la capacité de mobilisation effectivement déclarée. En septembre, aucune combinaison testée ne suffit à lever cette incertitude pour le printemps suivant.
5. Une sociologie électorale qui interdit les raccourcis
L’enquête Ipsos bva fournit une profondeur rare dans le corpus de septembre. Elle permet de lire les différences selon l’âge et la catégorie socioprofessionnelle, sur la même hypothèse de candidature simultanée de Glucksmann, Philippe et Attal. Il s’agit bien d’intentions de vote déclarées parmi les personnes interrogées, non de résultats officiels dans des communes, des IRIS ou des bureaux de vote. Le passage d’une variable individuelle à une carte électorale exigerait un travail distinct et ne saurait être automatique. S06.
Graphique 6 · Des écarts prononcés selon l’âge
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| Tranche d’âge | Mélenchon (%) | Le Pen (%) |
|---|---|---|
| 18-24 ans | 42 | 21 |
| 25-34 ans | 32 | 30 |
| 35-49 ans | 16 | 37 |
| 50-59 ans | 8 | 43 |
| 60-69 ans | 7 | 37 |
| 70 ans et plus | 4 | 28 |
Lecture : Les effectifs des sous-groupes sont inférieurs à la base globale. Ces pourcentages ne permettent pas d’inférer l’opinion d’une personne ou d’un quartier. Consulter la notice.
Lecture complémentaire : catégories socioprofessionnelles
| Catégorie socioprofessionnelle | Mélenchon | Le Pen |
|---|---|---|
| Cadres | 20 % | 19 % |
| Professions intermédiaires | 18 % | 31 % |
| Employés | 21 % | 43 % |
| Ouvriers | 13 % | 58 % |
| Retraités | 5 % | 30 % |
Parmi les 18–24 ans exprimant une intention de vote dans cette enquête, Mélenchon atteint 42 % contre 21 % pour Marine Le Pen. Chez les 50–59 ans, la relation s’inverse nettement : 8 % pour Mélenchon, 43 % pour Le Pen. Les 70 ans et plus se distinguent encore : 28 % pour Le Pen, 20 % pour Philippe et 16 % pour Glucksmann. Un même score national agrège donc des électorats d’âges très différents. Il masque des rapports de force contradictoires selon les générations.
Les écarts socioprofessionnels sont tout aussi marqués. Marine Le Pen est mesurée à 58 % des intentions exprimées parmi les ouvriers, 43 % parmi les employés, mais 19 % parmi les cadres. Chez ces derniers, Mélenchon atteint 20 % et Philippe 19 %. Ces pourcentages ne signifient pas qu’une proportion équivalente de toutes les personnes de chaque catégorie voterait ainsi : ils portent sur les répondants de la catégorie retenus dans le scénario, après filtrage et redressement. Les incertitudes sont supérieures à celles de la base totale, car les sous-échantillons sont plus petits. S06.
L’histoire électorale déclarée ajoute un autre niveau d’analyse. Parmi les personnes interrogées disant avoir voté pour Mélenchon au premier tour de 2022, 53 % choisissent de nouveau Mélenchon dans le scénario central double testé par Ipsos ; parmi celles déclarant avoir voté pour Marine Le Pen, 92 % la retiennent. Ces proportions décrivent des réponses rétrospectives et présentes dans une même enquête. Elles ne constituent pas un suivi panel des électeurs réels de 2022 et restent sensibles aux erreurs de souvenir et aux redressements. S06.
6. Ce que ces sondages ne permettent pas de conclure
Première limite : la participation. Une intention exprimée n’est pas un bulletin. Les instituts filtrent ou pondèrent différemment les personnes qui déclarent vouloir voter. Les enquêtes mesurent les choix déclarés des répondants retenus selon chaque protocole ; elles ne garantissent pas l’abstention réelle ni la composition définitive du corps votant en avril 2027.
Deuxième limite : l’incertitude. Les notices publient des repères de marges d’erreur, mais les quotas n’offrent pas directement les garanties des échantillons aléatoires simples. À titre d’exemple, la notice Ifop signale que 1 027 personnes ont exprimé une intention dans son premier scénario ; celle d’Ipsos présente environ 9 445 intentions exprimées dans sa configuration centrale double. Un écart de quelques dixièmes ou d’un point ne peut être présenté comme un basculement démontré en ignorant ces bases différentes. S12 ; S06.
Troisième limite : les intentions ne sont pas les qualités personnelles. Les enquêtes de popularité, de préférence partisane, de capacité à gouverner ou de pronostic de victoire publiées en septembre ne sont pas ajoutées au corpus principal. Un jugement favorable sur une personnalité n’implique pas qu’elle recevrait un vote au premier tour. La distinction vaut également pour le second tour : Toluna Harris mesure le 28 septembre 55 % pour Marine Le Pen contre 45 % pour Édouard Philippe parmi les suffrages exprimés d’un duel hypothétique, sans que ce résultat puisse être traité comme un résultat électoral anticipé. S11.
Quatrième limite : les enquêtes ne constituent pas une seule observation nationale. Douze études recensées représentent plusieurs vagues, questionnaires et listes de candidatures. Le nombre de scénarios d’une étude n’augmente pas artificiellement le nombre d’échantillons indépendants. C’est pourquoi ce numéro ne produit aucune « moyenne Convaincre » : la méthode de pondération appropriée exigerait des choix supplémentaires, justifiés et discutables, que les données vérifiées ici ne rendent pas indispensables à la compréhension du mois.
Conclusion : une avance installée, une qualification toujours incertaine
Que nous a réellement appris septembre ? D’abord, que la position dominante du Rassemblement national dans les simulations de premier tour est confirmée par les six instituts ayant publié des enquêtes retenues. Ensuite, que la deuxième place demeure plus sensible à l’offre de candidatures qu’aux variations d’un point revendiquées dans les commentaires immédiats. Enfin, que cette compétition nationale agrège des électorats très différents, notamment selon l’âge et la position socioprofessionnelle.
Le contraste est suffisamment net pour mériter un titre, mais pas pour justifier une prophétie. Septembre documente un favori dans les intentions de vote ; il ne désigne pas les deux finalistes du scrutin. Suivre les prochaines vagues permettra de vérifier si les variations de fin de mois se prolongent, se corrigent ou disparaissent.
Les enquêtes publiées en septembre 2026
Le recensement ci-dessous applique la date de première publication, non la date de fin de terrain. Il comprend l’enquête commandée par Sébastien Bonnal, diffusée le 15 septembre, avec son statut particulier clairement identifié. Les enquêtes publiées seulement en octobre sont exclues, même si leur terrain a commencé en septembre.
Corpus principal · 12 enquêtes publiées en septembre
| Publié | Institut · commanditaire | Terrain | Scénarios | Inscrits | Notice |
|---|---|---|---|---|---|
| 05/09 | Cluster17 · Le Point | 31/08–01/09 | 3 hypothèses | 1628 | S01 |
| 05/09 | Ipsos bva · CESI école d’ingénieurs / Le Parisien | 31/08–02/09 | 6 hypothèses | 1500 | S02 |
| 07/09 | OpinionWay · Le Journal du dimanche | 02/09–03/09 | 6 hypothèses | 929 | S03 |
| 10/09 | OpinionWay · Les Échos / Radio Classique | 08/09–09/09 | 3 hypothèses | 948 | S04 |
| 11/09 | OpinionWay · CNews | 09/09–10/09 | 5 hypothèses | 935 | S05 |
| 13/09 | Ipsos bva · CEVIPOF / Le Monde / Fondation Jean-Jaurès / Institut Montaigne / CESI | 03/09–09/09 | 6 hypothèses | 13060 | S06 |
| 14/09 | Toluna Harris Interactive · M6 / RTL | 08/09–10/09 | 5 hypothèses | 2052 | S07 |
| 15/09 | OpinionWay · Sébastien Bonnal (candidat indépendant) | 02/09–04/09 | 1 hypothèses | 951 | S08 |
| 23/09 | YouGov · Le HuffPost | 17/09–21/09 | 4 hypothèses | 1008 | S09 |
| 24/09 | Cluster17 · Politico | 15/09–16/09 | 3 hypothèses | 1943 | S10 |
| 28/09 | Toluna Harris Interactive · M6 / RTL | 22/09–24/09 | 5 hypothèses | 1974 | S11 |
| 30/09 | Ifop-Fiducial · LCI / Le Figaro / Sud Radio | 25/09–29/09 | 10 hypothèses | 1393 | S12 |
Explorer les sondages dans Convaincre
Le suivi des intentions de vote exige davantage que la consultation d’un dernier classement. Convaincre propose un espace consacré à la consultation et à l’analyse des sondages. Cette édition illustre la manière de rapprocher les enquêtes publiées, d’identifier les scénarios réellement testés et de relire une évolution à partir de ses sources. Les valeurs doivent toujours rester liées à leur institut, à leur date de terrain et aux candidatures présentées. La plateforme peut ainsi servir de point de départ pour approfondir une comparaison, sans remplacer les notices officielles ni les précautions de méthode.
